Finalement, il n'est pas nécessaire de concevoir une usine à gaz pour créer une montre séduisante et originale. Prenons par exemple les toutes nouvelles RJ-Romain Jerome Moon-DNA "1969": du point de vue horloger, elles ne présentent rien de particulier, étant animées par le mouvement automatique à petite seconde à 9 heures qui dérive du 7750 et qui est régulièrement utilisé par la marque. Mais derrière ce traitement mécanique habituel, se cache un véritable feu d'artifice artistique!
RJ-Romain Jerome se trouvait face à une problématique assez difficile à résoudre: comment proposer une montre plus habillée, plus à l'aise avec une tenue formelle que les pièces radicales de la collection permanente sans toutefois perdre l'audace qui caractérise son style? Manuel Emch et son équipe y sont parvenus en combinant un boîtier plus fin qu'à l'accoutumé avec des cadrans animés par de multiples reflets qui deviennent un spectacle à eux tout seuls.

Le boîtier en acier des 4 montres qui composent la ligne Moon-DNA "1969" se caractérise par son ratio diamètre (43mm) / épaisseur (12mm) relativement élevé qui lui confère une ligne élancée tout en demeurant homogène. La cure d'amaigrissement n'a donc pas été jusqu'au-boutiste et c'est une bonne nouvelle: le boîtier conserve ainsi suffisamment de caractère et de hauteur pour demeurer passionnant et éviter une mise à plat tant au sens propre que figuré. Je retrouve ainsi, mais de façon moins prononcée que sur les Moon Dust, les 4 proéminences latérales qui semblent dessiner une croix imaginaire et qui esthétiquement relient les éléments du boîtier. La couronne est plus subtile et devient facile à manipuler grâce à son forme crantée. Elle se retrouve également sur la Skylab, devenant une des composantes principales du design apaisé de RJ-Romain Jerome.

Cependant, c'est à l'arrière du boîtier que se cache le détail qui explique l'appartenance de cette ligne "1969" à la collection Moon-DNA: apposé sur le fond plein, le Moon Silver est un petit disque en argent qui représente la lune et qui contient de la poussière en provenance de notre satellite naturel. N'est-ce pas une agréable sensation que de sentir au contact de sa peau une pièce regroupant des particules extra-terrestres? Peut-être même que ce disque a une influence sur notre humeur, qui sait? Il faudrait mesurer l'évolution de notre état d'esprit et de nos sentiments lorsque la montre est portée ou pas. Plus sérieusement, le fond du boîtier a été conçu avec soin et il m'a singulièrement convaincu. J'aime beaucoup le contraste entre le disque lunaire, très joliment exécuté et les lignes droites qui en reliant des étoiles symboliques tracent une véritable constellation. L'ambiance "conquête de l'espace" est donc bien retranscrite! Elle se retrouve également sur le secteur de la trotteuse qui représente le viseur du pilote du module lunaire et sur la couronne qui contient les empreintes de ce même module. Ce sont tous ces petits détails qui créent la cohérence d'ensemble et qui prouvent le soin apporté à l'élaboration de ces montres.
Le cadran en silicium bleu, le plus spectaculaire:

Il ne manque donc plus que l'ingrédient fondamental pour parachever la réussite esthétique des 4 montres Moon-DNA "1969". Cet ingrédient est évidemment leurs cadrans qui les propulsent, non pas au fin fond du système solaire mais dans la galaxie des montres réjouissantes et rafraîchissantes! Je parle souvent des reflets, des jeux de lumière que certains matériaux arrivent à provoquer en fonction de la façon dont la lumière les éclaire. Mais dans ce cas précis, je me suis retrouvé face à une animation de cadran se situant à des années-lumière de ce que j'observe habituellement.
Le cadran en silicium gris:

4 cadrans sont disponibles: 3 en silicium (bleu - gris - marron), 1 en météorite "chondrite" gris. Ce dernier est le plus discret du lot. Il conduit à la montre la plus raffinée de la ligne, celle peut-être qui pousse le plus loin le concept de pièce habillée. Les 3 autres sont en revanche étonnants, ébouriffants! Grâce à la structure particulière du silicium et la finition en PVD qui apporte couleur et brillance, le cadran s'illumine, s'anime, bouge... Imaginez que chaque segment du cadran alterne sans cesse rendu sombre et aspect lumineux comme des cristaux liquides. Le spectacle est permanent et semble mû par une énergie secrète, telle une boule à facettes. Malgré le caractère hypnotisant et dévorant du cadran, la lisibilité de l'heure demeure tout à fait satisfaisante. Les index et les aiguilles sont suffisamment présents pour se détacher visuellement et éviter de se retrouver noyés dans le kaléidoscope.
voir replique montres et IWC montre
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